Communiqué de presse du 27 juillet 2026 : le Morvan n'est pas une variable d'ajustement du réseau ferroviaire régional
Communiqué de presse du 27 juillet 2026
Le Morvan n'est pas une variable d'ajustement du réseau ferroviaire régional
L'association Lignes à Défendre (LAD) prend acte des déclarations du directeur régional de SNCF Voyageurs Bourgogne–Franche-Comté, Ghislain de Rugy, qui reconnaît enfin que le service rendu aux voyageurs est « très très loin du compte » sur plusieurs axes de notre territoire.
Depuis des mois, notre association, comme de nombreux élus, usagers et usagères, alerte sur les difficultés quotidiennes : retards, suppressions, correspondances manquées, trains saturés, manque d'information et conditions de transport dégradées.
Nous partageons donc largement ce constat. En revanche, plusieurs points de son intervention appellent des précisions.
Un dialogue avec les usagères et les usagers qui reste à construire
LAD regrette tout d'abord que le dialogue avec les associations d'usagers ne soit toujours pas à la hauteur des enjeux.
Une rencontre avec la direction régionale de SNCF Voyageurs nous avait été accordée début mars. Elle a été annulée la veille de sa tenue et reportée sine die. Depuis aucune nouvelle date n'a été proposée.
Pourtant, les personnes qui pratiquent le train régulièrement ont une expertise d'usage précieuse et portent des propositions concrètes, réalistes et peu coûteuses.
Nous proposons notamment :
· le renforcement systématique des circulations en unités multiples (UM2) jusqu'à Cravant-Bazarnes ;
· la mise en œuvre d'un attelage vers le nord et d'un dételage vers le sud à Cravant-Bazarnes, afin que chaque élément puisse desservir respectivement les branches Avallon et Corbigny, au lieu des correspondances bus-train d’1h30 à Cravant proposées aujourd’hui.
Cette organisation permettrait simultanément d'améliorer les capacités, de mieux répondre aux pointes de fréquentation et d'augmenter l'offre sur les deux branches sans nécessiter davantage de sillons sur la section commune.
La hausse de fréquentation est une excellente nouvelle
Le directeur régional souligne que la fréquentation augmente régulièrement. Nous partageons ce constat. C'est une excellente nouvelle pour la transition écologique : de plus en plus d'habitant·es choisissent le train plutôt que la voiture individuelle.
Cette dynamique démontre surtout une chose : les lignes du Morvan ne souffrent pas d'un manque de trafic. Le véritable problème est celui de l'adéquation entre l'offre proposée et les besoins réels. Les trains sont souvent saturés précisément parce que la fréquentation progresse plus vite que les capacités offertes.
Cette hausse de la demande devrait conduire à investir davantage dans le service ferroviaire, certainement pas à remettre en cause les dessertes les plus fragiles.
Les territoires ne doivent pas être mis en concurrence
Lorsque la SNCF explique que les difficultés proviennent de l'imbrication entre plusieurs axes autour de Laroche-Migennes, nous entendons la complexité de l'exploitation.
En revanche, cette complexité ne doit jamais servir à opposer les territoires entre eux ni à faire des lignes du Morvan une variable d'ajustement pour préserver d'autres axes.
Opposer les territoires entre eux serait une impasse.
La Bourgogne-Franche-Comté a besoin d'un réseau ferroviaire cohérent et solidaire. La qualité de la desserte du nord de l'Yonne, de l'Auxerrois, de l'Avallonnais, du Morvan ou de Dijon ne doit pas être pensée en concurrence mais dans une logique de continuité territoriale et de complémentarité.
Le développement du rail passera par un renforcement de l'ensemble de l’offre sur le réseau régional et une meilleure articulation des correspondances, pas par le sacrifice des lignes les plus fragiles.
Des choix de matériel qui interrogent
Les difficultés actuelles illustrent également les conséquences de choix de matériel qui peuvent être discutés.
Les problèmes rencontrés sur les Régiolis six caisses montrent qu'une stratégie reposant sur un matériel unique présente des risques importants lorsque surviennent des défauts de série.
Par ailleurs, sur les axes les plus fréquentés vers Paris, le choix de rames à deux niveaux offrant une capacité nettement supérieure aurait sans doute permis d'anticiper une partie des problèmes de saturation observés aujourd'hui.
De manière plus générale, plusieurs annonces technologiques présentées ces dernières années comme des solutions d'avenir ont finalement été abandonnées ou fortement revues, tandis que les difficultés quotidiennes des voyageurs demeurent.
Les priorités doivent rester l'offre, la capacité, la régularité et la robustesse du service.
La sécurité passe d'abord par une présence humaine dans les trains
Nous nous interrogeons également sur l'idée selon laquelle une partie importante des automobilistes renoncerait au train principalement pour des raisons de sécurité.
Les retours que nous recevons quotidiennement mettent d'abord en avant d'autres préoccupations : la ponctualité, la possibilité de trouver une place assise, la fiabilité des correspondances et la qualité de l'information en situation perturbée.
La présence ponctuelle de gendarmes réservistes ne saurait remplacer la présence régulière de contrôleuses et de contrôleurs à bord des trains.
Ces personnels assurent bien davantage que le contrôle des titres de transport. Ils participent à la sécurité des voyageurs, préviennent les conflits, accompagnent les personnes en difficulté, renseignent, facilitent les correspondances et constituent un interlocuteur indispensable lorsque survient un incident.
Le meilleur moyen de renforcer le sentiment de sécurité reste un train doté d'une présence humaine qualifiée tout au long du trajet.
Faire confiance aux usagers et aux usagères
Les difficultés actuelles ne doivent pas conduire à rechercher des justifications, mais à construire collectivement des solutions. Les associations d'usagers, les élus locaux et les voyageurs disposent d'une connaissance fine des besoins du territoire.
LAD renouvelle donc sa demande de rencontre avec la direction régionale de SNCF Voyageurs, en présence de représentant·es de l’autorité organisatrice des mobilités (Région) afin de travailler concrètement à l'amélioration de la desserte du Sud de l’Yonne, de l'Avallonnais et du Morvan.

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