LETTRE AU PRESIDENT DE REGION BFC/ : Conditions de transport fortement dégradées sur les lignes TER du Morvan lors du week-end de Pâques
À l’attention de Monsieur le Président de la Région Bourgogne-Franche-Comté
Objet : Conditions de transport fortement dégradées sur les lignes TER du Morvan (Corbigny–Clamecy–Paris et Avallon–Paris) lors du week-end de Pâques - alerte et demande de rendez-vous
Monsieur le Président,
L’association Lignes à Défendre (LAD) souhaite porter à votre connaissance, de manière factuelle et documentée, les conditions de transport particulièrement dégradées constatées sur les lignes TER Corbigny–Clamecy–Paris et Avallon–Paris lors du week-end de Pâques, du vendredi 3 au mardi 7 avril 2026.
Les situations décrites ci-dessous ne relèvent pas d’incidents isolés. Elles traduisent une dégradation désormais perçue comme durable par les usagers et nourrissent un sentiment croissant d’abandon dans nos territoires.
Le week-end de Pâques est un moment clé pour les familles, permettant aux enfants et aux jeunes de retrouver leurs proches en Bourgogne. La qualité de la desserte ferroviaire engage ainsi directement la cohésion sociale et territoriale.
Ce week-end, premier temps fort de la saison, aurait également dû constituer une vitrine de l’attractivité du territoire. Il a, bien au contraire, révélé un niveau de service qui ne répond plus aux exigences attendues d’un service public ferroviaire..
Des trains saturés et des conditions de voyage fortement dégradées
Dès le vendredi, dans le seul train direct pour Clamecy, des voyageurs étaient debout dans toutes les voitures, certains indiquant « se croire dans le métro ». Cette situation s’est répétée tout au long du week-end :
● trains bondés dès les premières gares (Sermizelles-Vézelay, Arcy, Bazarne), avec des voyageurs debout, entassés dans les couloirs, voire assis à même le sol ;
● composition réduite sur certains trains (une seule rame au lieu de deux habituellement sur l’Avallon–Paris, train n°892610) ;
● absence d’information voyageurs, notamment à Auxerre où des voitures supplémentaires ont été ajoutées sans annonce, entraînant une concentration inutile dans certains wagons déjà saturés ;
● situation identique au retour, y compris le mardi, avec des voyageurs debout dès Laroche-Migennes.
Ces éléments sont documentés par des témoignages concordants et des photographies jointes.
Une gestion incohérente de la vente et de l’information voyageurs
Plusieurs usagers et usagères signalent des incohérences majeures :
● trains affichés « complets » à la vente en ligne, alors même que des places restaient disponibles à bord ;
● impossibilité d’acheter un billet via l’application, mais possibilité au distributeur ;
● fermeture à la vente de certains trains sans effet réel sur l’affluence, compte tenu du fonctionnement des TER (billets valables à la journée, présence d’abonnés sans réservation).
Ces dysfonctionnements génèrent incompréhension, stress et perte de confiance dans le service.
Une rupture de continuité du service avec les cars Mobigo
La situation a été aggravée par des défaillances importantes sur les correspondances routières :
● À Clamecy, une vingtaine de voyageurs à destination de Corbigny n’ont trouvé qu’un minibus de 9 places ;
● Le conducteur, refusant de laisser des usagers sur place tard le soir, a dû effectuer trois allers-retours successifs après 22h pour transporter l’ensemble des passagers ;
● Selon les témoignages, il lui aurait été initialement demandé de ne prendre qu’une partie des voyageurs.
Au-delà du dysfonctionnement, cette situation met en évidence un défaut d’anticipation sur un week-end pourtant parfaitement prévisible en termes de fréquentation.
Elle souligne également les limites actuelles de l’organisation de la desserte, dans un contexte où la réouverture aux voyageurs du tronçon Clamecy–Corbigny reste attendue. À cet égard, nous rappelons l’engagement de la Région Bourgogne-Franche-Comté que vous avez annoncé d’un investissement de secours de 3,6 millions d’euros pour une remise en état rapide de cette section, y compris avec des limitations de vitesse si nécessaire. Sa mise en œuvre apparaît aujourd’hui indispensable pour rétablir une continuité ferroviaire effective.
Un sous-dimensionnement structurel de l’offre
Les témoignages convergent vers un constat partagé : le parc matériel est aujourd’hui insuffisant pour répondre à la demande, en particulier les week-ends et lors des périodes de pointe. Cette situation, désormais récurrente, interroge directement les choix d’investissement et d’anticipation portés par la Région en tant qu’autorité organisatrice.
Des conséquences directes sur les choix de mobilité
Ces conditions de transport ont un effet immédiat : elles découragent l’usage du train au profit de la voiture individuelle. Stress, inconfort, incertitude sur la possibilité même de voyager, autant de facteurs incompatibles avec les objectifs de report modal et de transition écologique.
Ce week-end, qui aurait dû constituer une vitrine de l’attractivité ferroviaire de nos territoires, en a été une illustration particulièrement préoccupante.
Rappel de nos échanges et nécessité de tenir les engagements de dialogue
Nous souhaitons enfin rappeler les engagements pris quant à l’organisation d’un point d’étape entre notre association et la Région.
Par message du 16 février, votre directeur de cabinet indiquait qu’un rendez-vous était envisagé fin mars, ou à défaut début avril. Par notre réponse, nous avions accepté ce calendrier.
À ce jour, aucune date ne nous a été proposée.
Dans un contexte où les difficultés rencontrées par les usagers et usagères s’intensifient et où le climat démocratique se dégrade, il apparaît indispensable que le dialogue avec les acteurs de terrain soit effectif, régulier et à l’initiative partagée. Il ne peut reposer uniquement sur la mobilisation de la société civile.
Comme vous le savez nous avons travaillé sur les horaires et les améliorations facilement réalisables pour correspondre au mieux au besoin des usagères et usagers. Nous réitérons notre volonté d’échanger sur ces propositions, d’autant plus que les mois de mai et juin devraient encore se traduire par une dégradation des horaires totalement incompréhensible.
Au regard de la situation décrite dans ce courrier, nous vous demandons qu’un rendez-vous soit fixé dans les plus brefs délais afin d’aborder ces dysfonctionnements et les solutions à mettre en œuvre, tant à court qu’à moyen terme.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos salutations distinguées.
Pour l’association Lignes à Défendre
(LAD)
Jean-Jacques Fasquel, Agnès Michel, Sophie Mulot,
Geoffrey Odille etSandrine Saule (Assemblée collégiale)
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